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L'EMIA
La première école militaire interarmes mise sur pied dans
l' Armée française est , créée à Cherchell,
en terre algérienne , alors que tout le territoire métropolitain
est occupé et que, les Forces combattantes de la France libre continuent
le combat , au côté des Alliés, pour la libération
du Pays et la restauration de son rang dans le monde, en 1942.
Quatre promotions d'aspirants y furent formées- l'aspirant André
Zirnheld appartient à l'une d'entre elles- soit 3628 élèves.
337 d'entre eux sont morts au Champ d'honneur.
En 1945, l'EMIA s'installe en France libérée à Coëtquidan.
Cette implantation permet, en cette période de reconstruction,
de profiter au maximum des infrastructures encore existantes.
L'Ecole accueille, comme à Cherchell, les jeunes gens ayant présenté
en 1943 et 1944, le concours de Saint Cyr et un grand nombre de Sous-Officiers
et d'Officiers qui ont suivi un stage dans les Ecoles de cadres créées
par le Maréchal de Lattre.
Un millier d'élèves furent formés pendant cette période,
au sein de deux promotions.
318 moururent pour leur patrie.
Le 23 mai 1947, l'Ecole prend l'appellation d'Ecole Spéciale militaire
Interarmes. En effet , elle accueille, autant d'élèves issus
du concours direct de Saint Cyr- l'Ecole spéciale militaire- que
des Corps de Troupe. Jusqu'en 1951, les élèvent s'instruisent,
au sein du même bataillon.
Six promotions d'élèves, qui portent casoars et gants blancs,
appartiendront à l'ESMIA , dont les Promotions général
Leclerc ( 1947-1948) et la Garigliano ( 1950- 1951), chères aux
officiers de la Marceau.
Parmi eux, beaucoup sacrifieront leur vie en Indochine et en Algérie,
en particulier.
En 1951, l'Ecole reprend deux divisions distinctes : la division Saint
Cyr et la division Corps de Troupe. Les élèves constituent
une Promotion et respectent les mêmes Traditions. La durée
de la formation de la division Corps de Troupe, à Coëtquidan,
est de un an.
Neuf promotions porteront le même nom que leurs camarades Saint
Cyriens.
642 officiers ( Cyrards et Corps de Troupe) tomberont au Champ d'Honneur.
En 1961, l'Eole Spéciale Militaire Interarmes ( ESMIA) est dissoute
et donne naissance à deux écoles distinctes, mais restant
sous le même commandant ,à Coëtquidan :
- L'Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr.
- L'Ecole Militaire Interarmes.
Ces deux écoles accueillent respectivement, les élèves
issus du recrutement direct et ceux du recrutement indirect .
L'EMIA reçoit officiellement son Drapeau, des mains de Monsieur
Michel Debré, alors Premier ministre du Général de
Gaulle, le 6 novembre 1961.
Le drapeau porte les inscriptions :
- République Française , Ecole Militaire Interarmes.
- Honneur et Patrie.
La cravate du Drapeau s'orne de deux décorations :
- La Croix de Guerre 1939-1945, avec palme.
- La Croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures,
avec palme.
Fidèles à leurs traditions de dévouement à
leur Pays, de courage, de discipline et d'honneur, les anciennes Ecoles
de formation de Saint Cyr, de Saint Maixent, Saumur, Poitiers, Versailles,
dont l'Ecole Spéciale Militaire Interarmes est héritière,
ont donné à la France une pléïade de chefs qui
ont su conduire la Nation à la Victoire.
Au prix du sacrifice de huit cent des siens, l'Ecole Spéciale
Militaire Interarmes a ainsi contribué à maintenir haut,
le prestige de la France .Elle a hautement mérité la reconnaissance
du Pays .
La devise de l'EMIA, que les Officiers de la Promotion général
Marceau font leur est :
" Le travail pour loi, l'Honneur comme guide ".
Son chant de tradition est " La Prière ".Le 27 juillet
1942, avant d'ensevelir son corps meurtri après les âpres
combats conduits, avec force et courage, dans le désert libyen,
on découvre que l'aspirant André Zirnheld a conservé,
par-devers lui, un texte admirable, où éclate la pensée
du jeune officier. L'EMIA s'inspire de cette prière ; l'aspirant
Zirnheld accepte l'épreuve, pourvu qu'elle soit à la mesure
de sa foi, de sa volonté et de son courage.
Les Promotions de l'EMIA la chantent, lors de la remise des sabres et
lors de leurs réunions qui entretiennent leur esprit de Promotion.
Les officiers de recrutement semi-direct , dès lors qu'ils font
la démonstration de leur aptitude au commandement , dès
lors qu'ils manifestent leur compétence professionnelle et dès
lors qu'ils se prévalent d'une culture générale de
qualité, sont mis en situation de pouvoir espérer recevoir
des commandements de haut niveau.
L'Epaulette aide ceux qui en font l'effort , à faire reconnaître
leur mérite par l'Institution.
Plus de 33 000 officiers ont été formés au sein de
l' Ecole Militaire Interarmes et des écoles dont elle est issue.
Plus de 7000 d'entre eux sont morts au service de la France.
La durée de la formation des élèves, à Coëtquidan,
est actuellement de deux ans.
COETQUIDAN
L'utilisation militaire du camp de Coëtquidan, remonte à
1843, lorsque le Duc de Nemours établit un camp à proximité.
La topographie des lieux favorise l'installation de champs de tir ; Coëtquidan
occupe une hauteur, une " lande au-dessus du bois " comme le
rapporte, un des peu nombreux historiens du site.
Le champ de tir de l'Artillerie de la X ème Région militaire,
dont le siège est à Rennes, est créé après
1870. Les régiments du Corps d'Armée, implanté dans
le Morbihan, l'utilisent pour leurs écoles à feu.
La mention " Camp de Coëtquidan" apparaît en 1878.
Foch, alors capitaine au 10 ème régiment d'Artillerie, y
fera tirer sa batterie ; colonel du 35 ème régiment d'Artillerie,
en garnison à Vannes, le futur Maréchal de France et de
Pologne, y dirigera les services en campagne et les écoles à
feu de son régiment.
La construction, en pierre du pays, ce schiste métallique à
la couleur violette caractéristique, commence , Elle donnera naissance
au " Vieux Camp ", qui se dresse, au nord, sur la pente, à
l'abri des grands vents d'ouest, chargés de pluie. Du " Vieux
Camp " , la vue est grandiose. Elle embrasse la forêt de Paimpont,
l'antique Brocéliante des légendes et des romans de Chevalerie.
Paimpont évoque aussi, la souffrance d'une femme, qui se confond
avec celle du peuple français. Cette femme, courbée sous
le poids des ans et des malheurs de la France, répond au doux prénom
de Jeanne, cher à notre coeur. Jeanne, expire dans ce petit bourg
de Bretagne, le 16 juillet 1940, l'esprit nourri d'espoir, qui se dessine
à Londres où son fils, à la tête des armées
de la France libre, continue le combat et l'âme déjà
dans la lumière de Dieu.
Pendants les combats , ceux de la Grande Guerre, les unités mobilisées
s'instruisent, en grand nombre, au camp, qui s'est développé
entre temps.
Ainsi les troupes russes, débarquées à Brest en 1916,
les Américains à partir de 1917,
s'y préparent à l'âpre guerre des tranchées.
De 1922 à 1927, on bâtit avec plus ou moins de succès
par
exemple l'Ilôt B !
Le camp subit, entre 1939 et 1945, une intense occupation. Toutes les
armées y passent. A l'issue, le site n'est plus que ruines, décombres,
fils de fer barbelés et baraques en bois
.
Et c'est en ce lieu, passablement dégradé, mais qui ne manque
pas de grandeur car il a acquis ses lettres de noblesse, que le Haut Commandement
décide d'implanter provisoirement l'Ecole Spéciale Militaire
Interarmes.
Le bombardement par les Alliés de l'Ecole de Saint Cyr, en région
parisienne imposait la création d'une nouvelle école pour
instruire les officiers de France.
le général de Boissieu.
Le général de Boissieu, lors de l'entretien qu'il nous
accorda naguère, révéla qu'il veilla à ce
que les deux statues équestres de Kleber et de Marceau, qui ont
présidé au Triomphe de tant d'élèves de l'Ecole
Spéciale Militaire de Saint Cyr, se déplacent aussi à
Coëtquidan.
Au sein de la " Nouvelle Ecole ", ils symbolisent l'esprit qui
doit animer tous les officiers.
LA
PROMOTION GENERAL MARCEAU
La XII ème Promotion de l'Ecole Militaire Interarmes, qui choisit
le général Marceau comme parrain, compte 225 officiers à
la sortie de Coëtquidan.
28 élèves algériens bénéficient, comme
leurs camarades français, d'une instruction de qualité,
dispensée dans des installations modernes et fonctionnelles de
la " Nouvelle Ecole ", et dans un cadre verdoyant, particulièrement
adapté à l'exercice du corps et de l'esprit.
Lorsqu'ils reçoivent leurs sabres, dans la lumière, un soir
d'octobre 1972, au cours d'une émouvante cérémonie
militaire, animant la cour Rivoli, puis leurs premiers galons d'officiers
l'été suivant, ils sont prêts à vouer leur
vie au service de leur Pays.
Ils le font .
Avec enthousiasme et passion.
En 2004, une dizaine d'officiers de la Promotion sont encore en activité.
Elle compte dans ses rangs neuf généraux qui se sont élevés
par l'effort , mûs par l'intense volonté de mieux servir
encore.
Entre temps, la Promotion général Marceau a ouvert ses rangs
à d'autres officiers, rencontrés en Ecole d'Application,
ou qui partagent des souvenirs communs, vécus notamment à
la défunte Ecole Militaire de Strasbourg.
Elle s'honore de plusieurs membres d'honneur américains- un oncle
du général Marceau émigra en 1809 aux Etats Unis
!- allemands - le général Marceau meurt en Allemagne, à
Altenkirchen- et Français, de Chartres et de Chambéry- Marceau
naît à l'ombre de la belle cathédrale et le directeur
de l'EMIA, en 1972, réside, avec son épouse, dans cette
ancienne capitale de la Savoie-.
Le général d'Armée ( C R ) Alain de BOISSIEU, ancien
Commandant des Ecoles de Coëtquidan, ancien Chef d'Etat Major de
l'Armée de Terre, ancien Grand Chancelier de la Légion d'Honneur
,et Grand Chancelier de l'Ordre de la Libération fit à la
Promotion général Marceau, l'insigne honneur, d'accepter
la Présidence d'Honneur de la Promotion.
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