Page précédente
Envoyer un E.Mail au comité
Imprimer la page
Retour à l'accueil
Envoyer un mail au Webmaster
Debout les officiers !

 


Promotion Général Marceau 1972-1973

 



L'EMIA

La première école militaire interarmes mise sur pied dans l' Armée française est , créée à Cherchell, en terre algérienne , alors que tout le territoire métropolitain est occupé et que, les Forces combattantes de la France libre continuent le combat , au côté des Alliés, pour la libération du Pays et la restauration de son rang dans le monde, en 1942.

Quatre promotions d'aspirants y furent formées- l'aspirant André Zirnheld appartient à l'une d'entre elles- soit 3628 élèves.
337 d'entre eux sont morts au Champ d'honneur.

En 1945, l'EMIA s'installe en France libérée à Coëtquidan. Cette implantation permet, en cette période de reconstruction, de profiter au maximum des infrastructures encore existantes.
L'Ecole accueille, comme à Cherchell, les jeunes gens ayant présenté en 1943 et 1944, le concours de Saint Cyr et un grand nombre de Sous-Officiers et d'Officiers qui ont suivi un stage dans les Ecoles de cadres créées par le Maréchal de Lattre.
Un millier d'élèves furent formés pendant cette période, au sein de deux promotions.
318 moururent pour leur patrie.

Le 23 mai 1947, l'Ecole prend l'appellation d'Ecole Spéciale militaire Interarmes. En effet , elle accueille, autant d'élèves issus du concours direct de Saint Cyr- l'Ecole spéciale militaire- que des Corps de Troupe. Jusqu'en 1951, les élèvent s'instruisent, au sein du même bataillon.
Six promotions d'élèves, qui portent casoars et gants blancs, appartiendront à l'ESMIA , dont les Promotions général Leclerc ( 1947-1948) et la Garigliano ( 1950- 1951), chères aux officiers de la Marceau.
Parmi eux, beaucoup sacrifieront leur vie en Indochine et en Algérie, en particulier.

En 1951, l'Ecole reprend deux divisions distinctes : la division Saint Cyr et la division Corps de Troupe. Les élèves constituent une Promotion et respectent les mêmes Traditions. La durée de la formation de la division Corps de Troupe, à Coëtquidan, est de un an.

Neuf promotions porteront le même nom que leurs camarades Saint Cyriens.

642 officiers ( Cyrards et Corps de Troupe) tomberont au Champ d'Honneur.

En 1961, l'Eole Spéciale Militaire Interarmes ( ESMIA) est dissoute et donne naissance à deux écoles distinctes, mais restant sous le même commandant ,à Coëtquidan :
- L'Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr.
- L'Ecole Militaire Interarmes.
Ces deux écoles accueillent respectivement, les élèves issus du recrutement direct et ceux du recrutement indirect .

L'EMIA reçoit officiellement son Drapeau, des mains de Monsieur Michel Debré, alors Premier ministre du Général de Gaulle, le 6 novembre 1961.

Le drapeau porte les inscriptions :

- République Française , Ecole Militaire Interarmes.
- Honneur et Patrie.

La cravate du Drapeau s'orne de deux décorations :
- La Croix de Guerre 1939-1945, avec palme.
- La Croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures, avec palme.

Fidèles à leurs traditions de dévouement à leur Pays, de courage, de discipline et d'honneur, les anciennes Ecoles de formation de Saint Cyr, de Saint Maixent, Saumur, Poitiers, Versailles, dont l'Ecole Spéciale Militaire Interarmes est héritière, ont donné à la France une pléïade de chefs qui ont su conduire la Nation à la Victoire.

Au prix du sacrifice de huit cent des siens, l'Ecole Spéciale Militaire Interarmes a ainsi contribué à maintenir haut, le prestige de la France .Elle a hautement mérité la reconnaissance du Pays .

La devise de l'EMIA, que les Officiers de la Promotion général Marceau font leur est :

" Le travail pour loi, l'Honneur comme guide ".
Son chant de tradition est " La Prière ".Le 27 juillet 1942, avant d'ensevelir son corps meurtri après les âpres combats conduits, avec force et courage, dans le désert libyen, on découvre que l'aspirant André Zirnheld a conservé, par-devers lui, un texte admirable, où éclate la pensée du jeune officier. L'EMIA s'inspire de cette prière ; l'aspirant Zirnheld accepte l'épreuve, pourvu qu'elle soit à la mesure de sa foi, de sa volonté et de son courage.
Les Promotions de l'EMIA la chantent, lors de la remise des sabres et lors de leurs réunions qui entretiennent leur esprit de Promotion.
Les officiers de recrutement semi-direct , dès lors qu'ils font la démonstration de leur aptitude au commandement , dès lors qu'ils manifestent leur compétence professionnelle et dès lors qu'ils se prévalent d'une culture générale de qualité, sont mis en situation de pouvoir espérer recevoir des commandements de haut niveau.
L'Epaulette aide ceux qui en font l'effort , à faire reconnaître leur mérite par l'Institution.
Plus de 33 000 officiers ont été formés au sein de l' Ecole Militaire Interarmes et des écoles dont elle est issue.
Plus de 7000 d'entre eux sont morts au service de la France.
La durée de la formation des élèves, à Coëtquidan, est actuellement de deux ans.


COETQUIDAN

L'utilisation militaire du camp de Coëtquidan, remonte à 1843, lorsque le Duc de Nemours établit un camp à proximité. La topographie des lieux favorise l'installation de champs de tir ; Coëtquidan occupe une hauteur, une " lande au-dessus du bois " comme le rapporte, un des peu nombreux historiens du site.
Le champ de tir de l'Artillerie de la X ème Région militaire, dont le siège est à Rennes, est créé après 1870. Les régiments du Corps d'Armée, implanté dans le Morbihan, l'utilisent pour leurs écoles à feu.
La mention " Camp de Coëtquidan" apparaît en 1878.
Foch, alors capitaine au 10 ème régiment d'Artillerie, y fera tirer sa batterie ; colonel du 35 ème régiment d'Artillerie, en garnison à Vannes, le futur Maréchal de France et de Pologne, y dirigera les services en campagne et les écoles à feu de son régiment.
La construction, en pierre du pays, ce schiste métallique à la couleur violette caractéristique, commence , Elle donnera naissance au " Vieux Camp ", qui se dresse, au nord, sur la pente, à l'abri des grands vents d'ouest, chargés de pluie. Du " Vieux Camp " , la vue est grandiose. Elle embrasse la forêt de Paimpont, l'antique Brocéliante des légendes et des romans de Chevalerie. Paimpont évoque aussi, la souffrance d'une femme, qui se confond avec celle du peuple français. Cette femme, courbée sous le poids des ans et des malheurs de la France, répond au doux prénom de Jeanne, cher à notre coeur. Jeanne, expire dans ce petit bourg de Bretagne, le 16 juillet 1940, l'esprit nourri d'espoir, qui se dessine à Londres où son fils, à la tête des armées de la France libre, continue le combat et l'âme déjà dans la lumière de Dieu.
Pendants les combats , ceux de la Grande Guerre, les unités mobilisées s'instruisent, en grand nombre, au camp, qui s'est développé entre temps.
Ainsi les troupes russes, débarquées à Brest en 1916, les Américains à partir de 1917,
s'y préparent à l'âpre guerre des tranchées.
De 1922 à 1927, on bâtit avec plus ou moins de succès…par exemple l'Ilôt B !

Le camp subit, entre 1939 et 1945, une intense occupation. Toutes les armées y passent. A l'issue, le site n'est plus que ruines, décombres, fils de fer barbelés et baraques en bois….
Et c'est en ce lieu, passablement dégradé, mais qui ne manque pas de grandeur car il a acquis ses lettres de noblesse, que le Haut Commandement décide d'implanter provisoirement l'Ecole Spéciale Militaire Interarmes.
Le bombardement par les Alliés de l'Ecole de Saint Cyr, en région parisienne imposait la création d'une nouvelle école pour instruire les officiers de France.
le général de Boissieu.

Le général de Boissieu, lors de l'entretien qu'il nous accorda naguère, révéla qu'il veilla à ce que les deux statues équestres de Kleber et de Marceau, qui ont présidé au Triomphe de tant d'élèves de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr, se déplacent aussi à Coëtquidan.
Au sein de la " Nouvelle Ecole ", ils symbolisent l'esprit qui doit animer tous les officiers.


LA PROMOTION GENERAL MARCEAU

La XII ème Promotion de l'Ecole Militaire Interarmes, qui choisit le général Marceau comme parrain, compte 225 officiers à la sortie de Coëtquidan.
28 élèves algériens bénéficient, comme leurs camarades français, d'une instruction de qualité, dispensée dans des installations modernes et fonctionnelles de la " Nouvelle Ecole ", et dans un cadre verdoyant, particulièrement adapté à l'exercice du corps et de l'esprit.
Lorsqu'ils reçoivent leurs sabres, dans la lumière, un soir d'octobre 1972, au cours d'une émouvante cérémonie militaire, animant la cour Rivoli, puis leurs premiers galons d'officiers l'été suivant, ils sont prêts à vouer leur vie au service de leur Pays.
Ils le font .
Avec enthousiasme et passion.
En 2004, une dizaine d'officiers de la Promotion sont encore en activité.
Elle compte dans ses rangs neuf généraux qui se sont élevés par l'effort , mûs par l'intense volonté de mieux servir encore.
Entre temps, la Promotion général Marceau a ouvert ses rangs à d'autres officiers, rencontrés en Ecole d'Application, ou qui partagent des souvenirs communs, vécus notamment à la défunte Ecole Militaire de Strasbourg.
Elle s'honore de plusieurs membres d'honneur américains- un oncle du général Marceau émigra en 1809 aux Etats Unis !- allemands - le général Marceau meurt en Allemagne, à Altenkirchen- et Français, de Chartres et de Chambéry- Marceau naît à l'ombre de la belle cathédrale et le directeur de l'EMIA, en 1972, réside, avec son épouse, dans cette ancienne capitale de la Savoie-.
Le général d'Armée ( C R ) Alain de BOISSIEU, ancien Commandant des Ecoles de Coëtquidan, ancien Chef d'Etat Major de l'Armée de Terre, ancien Grand Chancelier de la Légion d'Honneur ,et Grand Chancelier de l'Ordre de la Libération fit à la Promotion général Marceau, l'insigne honneur, d'accepter la Présidence d'Honneur de la Promotion.